Si votre enfant est un mauvais perdant



Les enfants n’aiment pas perdre. Et si certains semblent simplement déçus et tournent facilement la page, d’autres vivent l’échec de façon très intense, quasi incontrôlable.


La raison essentielle c’est, à mon sens, cette attention accrue, dans notre société compétitive, que nous accordons aux victoires, au succès et à la réussite. Même s’il est tout à fait normal et légitime de nous réjouir des progrès et des victoires de notre enfant, il est cependant essentiel de lui montrer par notre présence que nous l’aimons non pas pour ses succès mais tout simplement parce que c’est lui, que notre amour n’est pas soumis à conditions et ne dépend pas de ce que l’enfant accomplit (ou non) dans sa vie.


Dans le cas contraire, lors d’une défaite ou d’un échec, l’enfant éprouve une double peine : celle d’avoir perdu et celle d’avoir déçu son parent.


Lorsqu’un enfant perd dans un jeu ou dans une compétition, notre intuition n’est pas toujours juste car elle est guidée par nos propres ressentis et besoins :


1. Nous voulons retrouver le calme. C’est fatiguant et stressant d’entendre notre enfant pleurer, crier, s’énerver et de savoir qu’il n’est pas bien.  Nous n’avons alors qu’une envie - stopper les émotions. Parce que quand l’enfant ne pleure plus, nous avons le sentiment qu’il va mieux. Ce qui est souvent faux.


2. Nous voulons retrouver le contrôle. Avec un enfant qui pleure, nous avons la sensation désagréable que la situation échappe à notre contrôle et ressentons un besoin pressant de rétablir l’ordre.


3. Nous avons peur du jugement. Le regard des autres est lourd à porter pour un parent. Pourtant, nous savons tous au fond de nous que ce qui compte véritablement dans ces situations, c’est notre enfant et son bien-être.


Ainsi, en voulant nous sentir mieux, nous perdons de vue l’essentiel – notre enfant !


Face à un enfant « mauvais perdant », voici les 3 réactions les plus courantes de la part des parents :


1. Raisonner


Nous expliquons, tentons de relativiser, de raisonner l’enfant.  « Tu as perdu parce que…», « La prochaine fois, il faudra que.. », etc. Or, les explications rationnelles n’aident pas l’enfant et ne font souvent qu’exacerber son état car l’enfant a l’impression que son parent ne comprend rien, ce qui l’irrite encore plus.


2. Calmer


Nous cherchons à stopper les pleurs et à calmer les émotions. « Ne pleure pas », « Ce n’est pas grave ». « Tu gagneras la prochaine fois. » Mais ce qui nous semble anodin et sans importance demeure important pour l’enfant. Et il a besoin de sentir que nous comprenons et compatissons.


3. Nier les sentiments


« Arrête de pleurer. Ce n’est qu’un jeu, voyons ! » ou encore, nous le réprimandons (« Enfin, la vie n’est pas toujours rose, il faut qu’il s’endurcisse ») Encore une fois, l’émotion ne peut pas être commandée, niée ou raisonnée. Dire à l’enfant d’arrêter n’y changera rien et ne lui permettra pas de se sentir mieux.


Les réactions lors d’une défaite dépendent souvent de l’âge de l’enfant. Les enfants plus jeunes ont peu de capacités à contrôler leurs émotions. Les enfants de plus de 7 ans sont plus matures mais ont également des tempéraments différents. N’oubliez pas aussi qu’une réaction émotionnelle forte au moment de la défaite peut cacher d’autres éléments qui interviennent dans la vie de l’enfant. Ainsi, si ces réactions se reproduisent de façon fréquente, observez votre enfant et cherchez à savoir ce qui se passe.


Et plus concrètement, voici ce que vous pouvez faire pour aider votre enfant à bâtir progressivement sa résilience face aux défaites et aux échecs :


1. Valorisez les efforts


Valorisez les efforts de l’enfant plutôt que le résultat. Si vous voulez faire un compliment à votre enfant, soyez précis et détaillé. Dites-lui : « Tu t’es vraiment investi dans ces entraînements. J’ai adoré voir comment tu as su bien t’organiser avec tes devoirs pour pouvoir t’entraîner plus souvent », ou « Ta peinture est superbe. D’après le choix des couleurs et des formes, on voit tout de suite que tu y as mis du temps et que tu t’es impliqué ! »


Honorez son caractère plutôt que ses réussites. « Tu étais tellement déçu de perdre mais cela n’a pas empêché de féliciter ton ami. C’est vraiment très généreux et respectueux de ta part. Cela montre aussi que tu as un fort caractère car tu sais te réjouir des réussites des autres. »


2. Servez de modèle


Soyez fair-play vous-même. Vos réactions en cas d’échec ou d’insuccès définiront en grande partie l’attitude de votre enfant. Si vous avez tendance à blâmer les autres, à nier votre part de responsabilité, ou bien si vous accordez une trop grande importance aux « victoires » (performance, succès ou réussite), votre enfant en tirera des conclusions qui l’empêcheront d’être à l’aise avec les échecs et les défaites. Car pour lui, pour être considéré et aimé, il faudra « gagner » et être meilleur. Observez votre comportement et vos attitudes, et apprenez à valoriser non seulement les victoires mais aussi les échecs.


3. Aidez-le à comprendre ses sentiments


Montrez à votre enfant que c’est normal d’être déçu et triste, que c’est une réaction humaine tout à fait naturelle. Aidez-le à mettre les mots sur ses ressentis. Plus vous serez à l’aise avec son émotion, plus il se sentira à l’aise, et plus vite l’émotion se dissipera.


4. Ignorez les autres


Si votre enfant pleure après avoir perdu, recentrez-vous sur lui. Négligez le regard des autres et n’ayez pas peur du jugement.


5. Respectez le silence


Parfois la douleur peut être tellement forte que toute parole ou geste même affectueux de notre part peut blesser l’enfant. Rien n’est mieux dans ces cas-là que de respecter le silence. Montrez par votre silence attentif que vous comprenez et respectez ses sentiments.


6. Ne le laissez pas toujours gagner


Cela peut paraître contre-intuitif mais il est important que l’enfant apprenne à perdre, surtout en votre présence. La défaite donne accès aux sentiments forts qui permettent à l’enfant de développer des circuits cérébraux essentiels au développement de la résilience et du contrôle de soi.


Lorsque vous jouez avec votre enfant, soyez avant tout naturel et sincère. Les enfants savent exactement quand vous faites semblant de perdre et quand vous faîtes exprès. Ils ne manqueront pas en général de vous le signaler car cette attitude les agace profondément, et à juste titre, car ils veulent être considérés comme nos égaux et n’aiment pas la pitié ou l’indulgence.


Conclusion : Pour apprendre à gérer ses sentiments de déception ou d’échec, l’enfant a besoin de grandir et de mûrir. Votre attitude compréhensive et empathique le rassurera et l’apaisera. Avec le temps et en suivant votre propre exemple, il apprendra à relativiser, à mieux contrôler ses émotions et à savoir rebondir après l’échec pour reprendre confiance et encore mieux réussir.


Par Elena Goutard, Coach parental


Coach parental, diplômée en psychologie du développement de l’enfant et maman de 4 garçons, Elena Goutard accompagne les familles dans son cabinet et à distance.


Elle aide les parents qui rencontrent des dysfonctionnements dans leur vie familiale, mais également ceux qui aspirent à une vie de famille plus sereine et souhaitent éduquer leurs enfants avec respect et bienveillance.


Elle publie régulièrement des articles sur la parentalité, l’éducation, le développement de l’enfant et de l’adolescent, les émotions et la discipline, les défis de la parentalité à l'ère digitale, le burn-out parental et la surcharge mentale des parents.


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