"Tu es méchant(e)", "Tu ne m'aimes pas !"... comment réagir aux accusations de son enfant ?



Il est difficile de rester neutre face aux accusations de nos enfants. Certains nous reprochent de ne pas les aimer, d’autres nous trouvent injustes, méchants, nous traitent de pires parents au monde et même de monstres. Quels que soient les mots, une chose est sûre : ils ne nous laissent pas indifférents. Alors comment réagir, faut-il laisser faire ou sévir ? Quelques éléments de réponse. Comment expliquer ces réactions ? Si vous observez bien, vous remarquerez sans doute que chaque fois que votre enfant vous accuse, vous traite de méchant(e), vous reproche d’aimer davantage son frère ou sa sœur, voire de ne pas l’aimer du tout, c’est à peu près toujours le même scénario : l’enfant est confronté à une situation frustrante où les choses ne se passent pas comme il le veut. Vous avez peut-être refusé d’acheter une sucette, lui avez demandé d’éteindre la télé, avez rappelé que c’était l’heure du coucher… Si les enfants en bas âge expriment leur mécontentement en criant ou en tapant, les enfants plus âgés ont une autre arme : les reproches. Comment réagir ? Comme pour tout sujet dans l’éducation, certaines réactions de notre part sont plus efficaces que d’autres. Commençons d’abord par ce qu’il faudrait éviter de faire : Ne prenez pas les choses personnellement Les piques verbales déclenchent chez nous des mécanismes de défense. Sans même y réfléchir, nous sommes poussés à gronder, à punir, ou alors à nous justifier. Rassurez-vous, le plus souvent, le problème ne vient pas de vous ou de votre relation, mais simplement du manque de maturité de votre enfant qui ne sait pas (encore) exprimer ses émotions correctement. N’inventez pas de scénario catastrophe Manque de respect, enfant trop gâté, qu’est-ce que ça va donner plus tard ? Toutes ces inquiétudes mènent à la colère. Et la colère, nous le savons bien, est une mauvaise conseillère. Dites-vous que ce n’est pas parce que votre enfant gère mal ses émotions à 3 ans, qu’il sera un ado difficile. Votre priorité : penser « ici et maintenant » et éviter de vous inquiéter « par anticipation ». Evitez d’accuser à votre tour Quand nos enfants nous traitent de méchants, cela peut être tentant de prendre le même chemin : leur répondre sur le même ton. Pour ne pas donner de l’ampleur à une situation déjà problématique, tentez de garder votre posture adulte et responsable, restez objectif(ve) et factuel(le) : « Ah bon, tu trouves ? Moi, je ne trouve pas qu’interdire des grignotages entre les repas soit méchant, au contraire ». Point. Ne laissez pas le dialogue conflictuel aller plus loin. Moins vous rentrerez dans le jeu de votre enfant, moins vous lui donnerez l’occasion de rebondir sur vos propos pour trouver d’autres arguments. Alors que faire à la place ? Quelles sont les solutions ? Comment aider son enfant à communiquer différemment ? Créez un cadre Expliquer de manière très précise les réactions verbales que vous pouvez ou ne pouvez pas accepter au sein de votre famille. Quand l’enfant vous fait une remarque, vous pouvez par exemple lui dire : Tu as le droit de ne pas être d’accord, mais tu ne peux pas me parler ainsi. N’hésitez pas à créer un rappel visuel répertoriant tous les termes « interdits » et à les réviser avec l’enfant régulièrement. Proposez des alternatives Si les enfants affirment qu’on est méchants, injustes, égoïstes… c’est souvent parce que, dans le feu de l’action, il leur manque les bonnes formules. Préparez votre enfant en amont. Vous pouvez faire une liste de mots, de phrases, de réactions qui l’aideraient à s’exprimer autrement. Partagez avec lui vos idées et notez les siennes. En l’incluant dans la recherche de solutions, vous l’aiderez à s’approprier ces nouvelles formulations plus facilement. Réagissez avec humour Loin de vous l’idée de rigoler quand votre enfant vous traite de sorcière ? En réalité, c’est peut-être la réponse la plus efficace. Les réactions ludiques et surprenantes permettent de prendre de court l’enfant qui ne s’attend pas à une partie de rigolade de votre part. C’est le meilleur moyen pour détendre l’ambiance et capter son attention. Après un moment de jeu et de reconnexion, il ne vous restera plus qu’à lui transmettre le message sur les façons adaptées (ou non) de communiquer avec vous. N’est-ce pas par le jeu que les enfants apprennent le mieux ? Ce n’est pas seulement valable pour la lecture ou les maths mais aussi pour l’apprentissage des comportements. Voici quelques idées à adopter selon la situation : Langue étrangère : Faites semblant de ne pas comprendre ce que votre enfant vous dit : Pardon ? Je ne comprends rien mon cœur, tu peux reformuler s'il te plaît ? Si le cœur vous en dit, amusez-vous à inventer des mots drôles ou à répéter en boucle une suite de sons incompréhensibles. Monstre des bisous : Votre garçon vous dit que vous ne l’aimez pas ? Prouvez-lui le contraire en vous lançant à sa poursuite et en criant joyeusement que vous êtes le monstre de bisous : Qui a dit que je ne t’aimais pas ? Tu vas voir comme je ne t’aime pas. Je vais te couvrir de 1000 bisous, tu vas voir ! Un super moyen pour désamorcer la colère de votre enfant. Jeu de la sorcière : Votre petit diable vous traite de méchante ? Transformez-vous en un(e) méchant(e) sorcier/ère et lancez-vous à sa poursuite en rugissant et en criant : Mais tu as raison, tu viens de prononcer le mot magique qui réveille les méchants ! Il est possible que votre enfant prenne tellement de plaisir à ces jeux qu’il répète les mots interdits plusieurs fois (ou jours) d’affilée. Mais après ces joyeux moments, il verra que ces piques verbales n’ont plus d’emprise sur vous, et cessera de les utiliser. C'est bien connu, quand une arme ne fonctionne plus, on arrête simplement de s’en servir. Et, bien sûr, n’hésitez pas à inventer de nouvelles idées ! Rappel important : Quel que soit le moyen que vous avez utilisé pour calmer l’ambiance, veillez à revenir sur l’incident plus tard, dans le calme, pour échanger avec votre enfant. Qu’est-ce qui a déclenché son émotion ? Pourquoi, par exemple, toujours au retour de l’école ? Expliquez l’impact de ses mots sur vous et rappelez-lui qu’il existe de meilleures manières de communiquer.


Par Elena Goutard, Coach parental


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Elena Goutard est coach parental et familial. Au travers de ses accompagnements, elle cherche à faciliter le quotidien des parents, à rétablir l'harmonie dans les relations entre parents et enfants et à ramener dans les familles le calme et la joie.


Elle publie régulièrement des articles sur le développement de l’enfant et de l’adolescent et contribue à la rubrique Parentalité des magazines Parole de Mamans et Aufeminin.


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