Si vous avez l'impression de ne plus aimer votre enfant



Il peut arriver que la relation avec notre enfant se dégrade à tel point que, tel un gros nuage qui cache le soleil, les problèmes et les difficultés éclipsent tout sentiment d’amour et d’affection que nous lui portons. Non seulement le parent peut avoir l’impression de ne plus aimer son enfant, mais il n’est pas rare qu’il commence même à détester être en sa présence.


Si la relation avec votre enfant a atteint un seuil où vous ne ressentez plus de sentiments positifs à son égard, il vous faudra avant tout faire un effort sur vous-même pour être l’initiateur du changement et pour rétablir le lien car vous seul pouvez le faire. L’enfant est bien trop jeune, immature et impuissant pour pouvoir changer la situation. Voici quelques idées pour vous aider dans ce processus :


1. Agissez vite


Dites-vous que le meilleur moment c’est maintenant. Plus l’enfant grandira, plus il vous sera difficile de le garder près de vous, et plus la distance entre vous sera grande. N’attendez pas que les choses s’améliorent d’elles-mêmes. Cela n’arrivera pas sans un effort volontaire et conscient de votre part. Prenez les choses en main et faites-en votre priorité dès aujourd’hui.


2. Soyez l’acteur principal du changement


Si vous voulez que les choses changent, c’est à vous, le parent, de faire le premier pas et de fournir le plus gros effort. Le comportement de l’enfant n’est que le résultat d’une dynamique installée dans la relation. Même si le rapprochement est dur, et que l’enfant rejette toutes vos tentatives de rétablir le lien, persévérez en essayant de nouvelles façons toujours plus subtiles et plus agiles pour restaurer l’amour et la confiance.


3. Voyez la situation avec les yeux de votre enfant


Nous ne voyons souvent la situation qu’à travers notre propre lentille. Se mettre à la place de notre enfant pour comprendre ce qu’il vit peut nous fournir bien des clés. Mon conseil: Choisissez un moment calme et propice à la réflexion (le soir au coucher, au volant de la voiture, dans les transports ou le matin au réveil, l’essentiel est d’être seul et calme). Imaginez-vous être à la place de votre enfant (s’il est couché, imaginez-vous couché à sa place, s’il est à l’école, imaginez-vous assis à son pupitre).


Une fois bien installé « dans la peau » de votre enfant, reconsidérez votre ressenti ? Comment vous voyez-vous en tant que parent ? Que ressentez-vous ? Comment, selon vous, votre enfant vous voit-il ? Demandez-vous : Suis-je pour lui le parent qu’il attend ? Quelles réactions (gestes, paroles, comportements) de ma part seraient utiles et lui donneraient envie de se rapprocher de moi ? Si possible, notez vos réponses par écrit.


4. Intéressez-vous à votre enfant


La qualité avec un enfant distant n’est pas possible sans la quantité. En d’autres termes, vous devez multiplier les occasions pour passer du temps ensemble. Si l’enfant ne s’intéresse pas à ce que vous lui proposez, s’il rejette vos tentatives et ignore vos sollicitations, essayez autre chose. Plutôt qu’essayer d’attirer votre enfant vers vous, allez vers lui. Intéressez-vous à ce qu’il fait, à ce qu’il lit, proposez de participer à ses jeux. Vous détestez la musique qu’il écoute ? Faites semblant de vous y intéresser. Vous n’y connaissez rien en jeux vidéo ? Demandez à l’enfant de vous y initier. Le but n’est bien sûr pas de devenir un amateur de jeux vidéo, votre objectif est de trouver un passe-temps commun. Une fois la première barrière franchie, vous pourrez trouver d’autres moyens pour passer du temps ensemble.


Montrez également à votre enfant qu’il compte pour vous, qu’il est important. Posez des questions sur ses amis, ses loisirs. Avant de vous intéresser à ses notes, demandez s’il a passé une bonne journée. Posez votre portable quand vous lui parlez. Parfois, il faudra juste respecter le silence, vous pouvez vous mettre à côté de lui et le laisser profiter de votre présence. Souvent l’enfant ne dira que plusieurs années plus tard que ces moments ont tant compté pour lui.


5. Ne prenez rien personnellement


Plus la relation se détériore, plus le quotidien devient difficile. Le nombre de disputes augmente, l’enfant refuse d’écouter, de coopérer, résiste à notre contact et à nos demandes. L’ambiance à la maison peut vite virer au cauchemar. La première chose à faire dans cette situation est de ne RIEN PRENDRE PERSONNELLEMENT. Si l’enfant vous crie : Je te déteste ! C’est nul ! Dégoûtant ce diner ! Faites un effort sur vous pour ne pas répondre à ses attaques. Le comportement impulsif ou les réactions agressives ou défiantes ne sont que le reflet de ce que l’enfant vit à l’intérieur. Elles ne sont pas orientées contre vous. En réagissant (et souvent en SUR-réagissant) à ces attaques, vous alimentez le conflit. Ce n’est vraiment pas le meilleur moment pour éduquer et faire la morale. Attendez que le lien soit rétabli et que les choses s’apaisent. Vous vous rattraperez plus tard.


6. Retrouvez les sentiments d’amour


Le quotidien avec un enfant difficile peut ressembler à un enfer où les émotions négatives prédominent. Il est d’autant plus important de retrouver l’affection et de vous reconnecter au sentiment d’amour que vous lui portez. Pour le faire, allez voir l’enfant lorsqu’il dort ou joue calmement. Asseyez-vous ou allongez-vous à côté, caressez-le s’il vous laisse faire. Respirez son odeur qui pourra vous rappeler son odeur de bébé. Ecoutez sa respiration. Souvenez-vous de lui quand il était bébé. Ce moment peut faire monter les larmes, et c’est tant mieux. Nous avons besoin de pleurer dans des moments durs. C’est dans des moments de grande sensibilité et de tendresse que nous retrouvons souvent les vrais sentiments que nous avons envers l’enfant. Profitez de ces sensations et mémorisez-les. Et si l’enfant vous repousse, n’abandonnez pas et revenez plus tard. Réessayez encore et encore jusqu’à ce que la glace entre vous fonde.


7. Ne soyez pas pressé et allez-y par petits pas


Ne vous attendez pas à ce que la relation change du jour au lendemain. Il a fallu des mois, voire des années pour que la dynamique actuelle s’installe, il va parfois falloir autant de temps pour renouer le lien, pour calmer l’enfant et pour que votre relation retrouve calme et complicité. Mon conseil : Soyez prêt à ce que cela soit dur et prenne du temps. N’ayez pas d’attentes trop élevées, vous risquez d’être déçu. Procédez pas à pas. Réjouissez-vous des petites victoires et célébrez-les. Il y aura des progrès et des régressions, ne désespérez pas. L’essentiel est que les choses bougent.


Par Elena Goutard, Coach parental


Coach parental, diplômée en psychologie du développement de l’enfant et maman de 4 garçons, Elena accompagne les familles dans son cabinet et à distance.


Elle aide les parents qui rencontrent des dysfonctionnements dans leur vie familiale, mais également ceux qui aspirent à une vie de famille plus sereine et souhaitent éduquer leurs enfants avec respect et bienveillance.


Elle publie régulièrement des articles sur la parentalité, l’éducation, le développement de l’enfant et de l’adolescent, les émotions de l’enfant, les défis de la parentalité à l'ère digitale, le burn-out parental et la surcharge mentale

des parents.

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