Les garçons ont aussi le droit de pleurer


Un garçon, ça ne pleure pas ! Arrête de pleurer, on dirait une fille ! Ces mots, encore fréquents dans notre quotidien, influencent la façon dont nous percevons les émotions de nos garçons. Cette manière de voir les choses va ensuite nous rendre patients ou impatients, compréhensifs ou rigides vis-à-vis de certaines émotions de nos enfants. En tant que maman de quatre garçons, ce sujet me touche particulièrement, car je sais pertinemment que les garçons ont aussi le besoin et le droit de pleurer. Et je vais essayer de vous expliquer pourquoi. "Sois fort mon garçon !" Sans le savoir, nous acceptons plus facilement certaines émotions chez les garçons, et d’autres chez les filles. Nous avons en effet plus de tolérance en voyant un garçon en colère qu’une fille. Une fille, c’est censé être mignon, sage et doux. Un garçon en colère ça passe mieux qu’une fille. A contrario, nous supportons mieux les larmes des petites filles que celles des garçons. Dans notre inconscient, un garçon, en tant que futur homme, devrait se montrer fort et viril. Mais avons-nous raison de croire cela ? Les garçons sont-ils « câblés » différemment ? Ad Vingerhoets, professeur de psychologie sociale des Pays-Bas, a démontré qu'en effet, la testostérone, hormone présente en plus grande quantité chez les hommes, engendre une meilleure inhibition des pleurs, alors que la prolactine, propre aux corps des femmes, favorise au contraire l’émotivité et les larmes. Cependant, cette différence n’apparaît qu’à la puberté. C’est ce qu’a montré cette autre étude, selon laquelle, jusqu’à l’entrée dans l’adolescence, les garçons et les filles ressentent les mêmes émotions, avec la même intensité. N’oublions pas aussi que chaque enfant a un tempérament unique qui lui est propre. Certains garçons sont ainsi très émotifs et sensibles. Pour s’épanouir dans la vie, ils auront besoin qu’on les aide à bien vivre leurs émotions. Pourquoi pleurer c’est important ? Les pleurs sont une réponse naturelle de notre corps à une douleur, une peine ou une déception. Pendant la phase des pleurs, les hormones du bien-être (endorphines, ocytocine) inondent le cerveau de l’enfant et favorisent le sentiment de bien-être et de soulagement. Ce qui explique pourquoi, après avoir pleuré, nous nous sentons apaisés et libérés. Les larmes contiennent par ailleurs des substances toxiques qui permettent de « purifier » l’organisme. En interdisant aux garçons d’être tristes ou de pleurer, nous les privons de cette capacité naturelle qu’a leur corps de prendre soin d’eux. En plus de nous aider à rebondir, les pleurs ont également une autre fonction. Ils nous aident à attirer l’attention de l’autre et à trouver de l’aide et du réconfort, quand on en a besoin. Autre point important : avec le temps, grâce à un accompagnement adulte bienveillant, l’enfant apprend à réagir avec la même sollicitude et compassion aux émotions des gens autour de lui : aider un petit frère qui a mal, prendre soin de sa grand-mère malade, aider un copain en difficulté… S'interdire de pleurer, quels sont les risques ? Nous supposons, à tort, qu’un garçon devrait être suffisamment fort pour mieux maîtriser ses affects, qu’il devrait pouvoir cacher ses émotions pour ne pas se montrer vulnérable. Cette éducation pose en réalité de nombreux soucis, et notamment : Moins d’émotions « positives » Il est impossible de faire le tri dans nos ressentis, de « se programmer » pour ne ressentir que les « bonnes » émotions (joie, fierté) en se débarrassant des « mauvaises » (tristesse, déception, colère). Quand on se protège des émotions, on perd en même temps la capacité à ressentir pleinement les émotions positives et agréables. Lorsqu’on a appris à se défendre des émotions, ce n’est pas seulement la tristesse que nous ressentons avec moins d’intensité, mais aussi la joie ou la gratitude par exemple. Un manque d’empathie Quand on s’interdit certaines émotions, on se désensibilise en quelque sorte. On est moins connecté à notre monde intérieur mais aussi à celui des autres. On a donc moins de chances de développer des capacités comme la compassion ou l’empathie. Résultat : plus de violence et d’agressivité, des relations moins stables et moins épanouissantes. Des risques pour la santé Les émotions gênantes et désagréables ne s’en vont pas. Refoulées, elles s’accumulent en nous comme un sac à dos qu’on porte sur soi et qu’on charge de plus en plus, jusqu’au jour où l’on ne peut plus avancer. Ce n’est donc pas un hasard si les hommes sont plus sujets aux infarctus. Ces émotions accumulées et non exprimées finissent en effet par affecter leur santé. D'ailleurs, selon une étude américaine, 70% des cas de suicide recensés en 2019 aux Etats-Unis concernaient les hommes. Un guide pour les parents Alors, que faire pour aider nos enfants à devenir des êtres pleinement humains ? Je vous propose ici un petit guide pour mieux accompagner les émotions de vos garçons (valable aussi pour les petites filles) :

  1. Réconfortez toujours les pleurs de votre enfant, prêtez-leur de l’attention, même si, à première vue, ils vous semblent déplacés ou exagérés.

  2. Bannissez les phases du type : Arrête de pleurer, Les garçons ne pleurent pas ou Tu n’es pas une fille quand même

  3. Un garçon peut se sentir facilement gêné par les émotions jugées « faibles » ou « féminines » comme la tristesse ou la peur. Introduisez dans votre quotidien des phrases déculpabilisantes, du genre : Bien sûr que tu es triste. C'est naturel de pleurer. Cela fait du bien. Tout le monde pleure un jour ou l’autre.

  4. N’humiliez pas, ne vous moquez pas, ne punissez pas un enfant qui pleure même si la raison de ses pleurs vous paraît sans importance.

  5. Offrez-lui une écoute attentive : les pleurs pour des « bêtises » peuvent parfois cacher une cause beaucoup plus profonde. Dites-lui : Viens mon chéri, je vois que quelque chose ne va pas. Raconte-moi ce qui se passe. Puis attendez, écoutez en silence, laissez votre enfant s’ouvrir à vous.

  6. Ne comparez jamais votre enfant à un autre (un frère, un copain, un voisin). Evitez les « Il est tombé et il n’a même pas pleuré. Comme il est courageux. Tu devrais prendre exemple sur lui ». Votre enfant doit savoir que s’il se fait mal ou ressent simplement le besoin de pleurer, il y a le droit.

  7. Félicitez-le quand il fait preuve d’empathie et de gentillesse envers les autres.

  8. Offrez-lui régulièrement des moments d’échange et de complicité qui vous rapprocheront et aideront votre enfant à évacuer plus facilement son trop-plein d’émotions.

  9. N’ayez pas honte des crises de larmes en public.

  10. Dites-lui souvent que vous l’aimez.

Par Elena Goutard, Coach parental


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Elena Goutard est coach parental et familial. Au travers de ses accompagnements, elle cherche à faciliter le quotidien des parents, à rétablir l'harmonie dans les relations entre parents et enfants et à ramener dans les familles le calme et la joie.


Elle publie régulièrement des articles sur le développement de l’enfant et de l’adolescent et contribue à la rubrique Parentalité des magazines Parole de Mamans, Aufeminin et Passeport Santé.


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