Les "caprices" des tout-petits, que se cache-t-il vraiment derrière ?

Mis à jour : avr. 21



Les cris, les tapes, les luttes de pouvoir, votre enfant vous mène la vie dure et votre quotidien est tout sauf réjouissant et agréable. Pour éviter les luttes de pouvoir et diminuer le nombre de crises, il faut avant tout savoir interpréter et répondre correctement au comportement de son enfant. On vous dira qu'il fait des caprices. Mais qu’est-ce qu’un caprice ? Le « caprice » n’est pour moi qu’un mot-étiquette derrière lequel on a réuni de nombreux comportements qui n’ont souvent rien à voir les uns avec les autres. En effet, un inconfort physique et un interdit vont déclencher chez l’enfant le même « symptôme », la même réaction, souvent excessive. Le problème avec ce mot un peu trop générique (qui n’existe d’ailleurs que dans très peu de langues) est qu’il dévie notre attention et nous empêche de voir la vraie raison du comportement de l’enfant et d’apporter ainsi une réponse adéquate. Le mot caprice, tel que nous le connaissons dans notre société, est souvent utilisé comme synonyme de « manipulation » ou d’une envie d’obtenir à tout prix quelque chose. Or, pour pouvoir manipuler, un enfant a besoin de fonctions cérébrales déjà ultra développées : savoir comprendre, réfléchir, faire des plans, des projections et établir des liens de cause à effet (si je fais ceci, voici ce qui va se passer), ce dont l’enfant de moins de 4 ans est simplement incapable. C’est encore moins le cas d’un bébé de 2 mois puisque c’est déjà à cet âge que ce mot fait ses premières apparitions dans le vocabulaire de notre entourage.   Ainsi, je vous invite, dès aujourd’hui, à bannir de votre vocabulaire le mot Caprice, premièrement, parce qu’il ne veut rien dire, et deuxièmement, parce qu’il nous empêche de voir ce qui se passe véritablement chez notre enfant. Voici ce que peut cacher le comportement « capricieux » de votre enfant : 1) Une cause d’origine physique Le sommeil, la faim, la soif, la fatigue, un moindre inconfort au niveau physique peut déclencher chez votre enfant des réactions démesurées dans des situations qui n’ont souvent rien à voir avec ce que vous croyez. Il veut un bonbon, se jette par terre en entendant votre refus ? Vous essayez de le raisonner, d’expliquer calmement, mais rien n’y fait, votre enfant est incontrôlable. Vous montez alors dans les tons, le plus souvent à cause du sentiment d’impuissance qui vous envahit. Cette réaction peut en effet provenir de la frustration à cause d’un bonbon convoité et refusé (l’enfant n’est pas encore capable de résister et de contrôler ses envies), mais peut aussi s’expliquer par la faim, le manque de sommeil ou la fatigue. Le bonbon (ou autre chose) n’est souvent qu’un déclencheur, une sorte de trou d’air par lequel l’enfant libère ses tensions. 2) Une cause d’origine émotionnelle


Le comportement peut cacher la difficulté d'un enfant à vivre la séparation, des peurs, des colères et des frustrations refoulées ou un trop plein d’émotions et de stimulations diverses accumulées dans la journée.


3) Une cause d’origine relationnelle


Un conflit entre les parents, l’arrivée d’un nouveau bébé peuvent aussi avoir un impact sur le bien-être de l’enfant lorsque son sentiment de sécurité affective est remis en cause : peur de ne plus être aimé, peur d’être éloigné d’un de ses parents, peur de perdre sa place.


4) Le développement normal de l'enfant


90% des crises émotionnelles sont tout simplement naturelles. Elle sont dues à l’immaturité de l’enfant et à son incapacité à contrôler ses émotions, ses envies et ses gestes. Il est obligé de passer par ce stade pour mieux comprendre et apprendre.  Quelle que soit l’origine du comportement, si nous réagissons au comportement de l’enfant comme à un caprice, notre réaction sera souvent incorrecte car inadaptée au vrai besoin de l’enfant. Voici ce que vous pouvez faire pour mieux répondre à un comportement problématique : Écoutez et commentez


Apprenez à écouter l’enfant quel que soit son état. Les pleurs et les cris sont aussi une forme de langage. Essayez de déchiffrer le message caché. Décrivez ensuite avec vos propres mots ce que vous voyez, un peu comme un commentateur sportif, expliquez à votre enfant ce qui se passe dans cette situation (« c’est dur trésor, je sais, tu aimerais continuer à jouer et on doit passer à table »). Une simple écoute et compassion suffisent parfois à désamorcer un comportement problématique.

Maintenez les règles et les routines


Plus les limites et les règles dans votre maison seront fermes et constantes, plus vite votre enfant les intégrera, et plus vite ses crises émotionnelles cesseront. La limite ne doit pas être considérée comme une méchanceté ou une contrainte de votre part. N’ayez pas peur des interdits, cela fait partie de votre rôle de parent. Les limites sont rassurantes car elles créent un cadre protecteur et montrent à l’enfant la limite entre le permis et l’interdit. Cela rend également l’environnement et le fonctionnement prévisibles. L’enfant sait ainsi ce que lui (et les autres !) ont droit ou n’ont pas droit de faire. S’il n’a pas droit de taper, il sait à priori que les autres ne le taperont pas non plus. Agissez en amont


Ajustez l’environnement dans votre foyer. Les enfants, surtout les plus jeunes, vivent dans l’instant présent et recherchent un plaisir immédiat. Leur cerveau ne leur permet pas encore de contrôler leurs envies et de comprendre le pourquoi du non. Il peut donc être difficile, voire impossible de les raisonner. A la place, repensez et réadaptez votre environnement. Afin d’éviter les crises, rendez invisibles ou débarrassez-vous de toutes les tentations. Si vous voulez faire plaisir à votre enfant, ne lui dites pas « Je t’emmènerai faire du bateau pendant les vacances d’été ». Ne promettez que les choses que vous êtes sûr de pouvoir accomplir dans les 1-2 jours qui viennent, encore mieux le jour même. Les enfants ont une mémoire très courte et n’ont aucune notion du temps. Tenez-en compte. Surveillez l’état de votre enfant


Les enfants grandissent vite, et leurs besoins changent et évoluent constamment. Si les crises surviennent toujours à des moments précis, il peut être judicieux de revoir votre routine, d’avancer l’heure du repas ou du coucher. Cessez d’écouter votre entourage


Sachez rester stoïque et imperméable face aux jugements et aux critiques des autres. Personne ne connait votre enfant comme vous le connaissez et personne n’est en droit de vous juger. Sachez que les conseils sont souvent aussi des jugements déguisés, c’est pour cela qu’on ne les aime pas et qu’ils nous mettent en colère. Écoutez en toute bienveillance mais ne prenez que le meilleur. Soyez patient et gardez confiance


Les réactions excessives sont causées par l’immaturité de votre petit. Prenez votre mal en patience. Apprenez à dire Non et à poser les limites avec calme et bienveillance. Restez curieux de ce qui se passe et du message que l’enfant vous transmet à travers son comportement. Montrez-vous compréhensif et plein de compassion (il est difficile d’être un enfant et d’entendre un Non toutes les 6 minutes). Viendra le moment où, comme par magie, les crises stopperont d’elles-mêmes. Enfin, il vous arrivera aussi à perdre le contrôle de soi face à l’impulsivité de votre enfant. Excusez-vous si vous avez, vous-même, surréagi ou perdu patience. Les enfants ont un pardon facile. Expliquez pourquoi vous avez réagi ainsi (« Pardon chéri, je me suis emporté(e), je suis vraiment fatigué(e) ce soir. Je suis désolé(e). Tu veux qu’on fasse un petit jeu ensemble pour oublier tout cela ? »). Votre enfant a besoin de sentir que votre amour reste intact.


Pour vivre plus facilement les débordements émotionnels de votre enfant, apprenez aussi à réguler vos propres émotions. Isolez-vous un instant pour retrouver vos esprits, soufflez, respirez. Votre propre état émotionnel a un impact direct sur celui de votre enfant. Plus vite vous vous calmerez et plus vite il se calmera. Par Elena Goutard, Coach parental

Coach parental, diplômée en psychologie du développement de l’enfant et maman de 4 garçons, Elena Goutard accompagne les familles dans son cabinet et à distance.


Elle aide les parents qui rencontrent des dysfonctionnements dans leur vie familiale, mais également ceux qui aspirent à une vie de famille plus sereine et souhaitent éduquer leurs enfants avec respect et bienveillance.


Elle publie régulièrement des articles sur la parentalité, l’éducation, le développement de l’enfant et de l’adolescent, les émotions et la discipline, les défis de la parentalité à l'ère digitale, le burn-out parental et la surcharge mentale des parents.


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