Dites OUI à la frustration de votre enfant


S’il y a bien une émotion que nous aimerions éviter chez nos enfants, c’est bien la frustration. Et pour cause, les réactions qui accompagnent la frustration sont pour le moins dérangeantes : cris, pleurs, tapes, gros mots, menaces, insultes, chantage, etc… Pire encore si la crise se déclenche dans des endroits et à des moments où on préférerait l’éviter (au coucher, avant de partir à l’école, dans un supermarché, devant les beaux-parents…). Les crises de frustrations deviennent souvent pour nous, les parents, sources de doutes et d’inquiétudes : Ai-je trop gâté mon enfant ? Ai-je raté son éducation ? Pourquoi fait-il cela ? Que vont penser les autres ?... Alors oui, si on pouvait éviter la frustration, on le ferait sans hésiter. Et pourtant, il s’agit d’une émotion précieuse, utile et bénéfique pour les enfants. Petit éclairage. Qu’est-ce que la frustration ? La frustration est une émotion qui survient suite à un refus ("Non, tu ne peux pas manger de la glace à 8h du matin"), une limite ("C’est vraiment l’heure d’éteindre cette télé !"), une impossibilité ("Il pleut, on ne peut pas sortir") ou une incapacité ("Je ne comprends rien au calcul !"). En clair, l’enfant se sent frustré quand les choses ne se passent pas comme il le souhaite. Les manifestations de la frustration peuvent varier selon l’âge et le tempérament de l’enfant. Si les petits ont tendance à mordre, à taper ou à pleurer facilement, les enfants plus grands et les ados vont bouder, mal parler, chercher à négocier ou encore claquer les portes pour exprimer leur colère. Mais, bien qu’elle soit bruyante, chaotique et pas du tout agréable à voir (ni à vivre pour l’enfant), cette émotion a en réalité plusieurs rôles à jouer. Elle permet entre autres de :

  • Apprendre à patienter (« mon frère fait ses devoirs et ne peut pas jouer avec moi »)

  • Commencer peu à peu à tenir compte des besoins des autres (« papa est occupé et ne peut pas jouer avec moi pour l’instant »)

  • Apprendre à partager (les objets mais aussi votre attention) : « je veux que papa aille au parc avec moi mais il doit s’occuper de ma petite sœur qui a de la fièvre »)

  • Développer l’autonomie (« personne pour m’habiller ? Je vais le faire tout seul »)

  • Vivre plus heureux grâce à la gratification différée ! (eh oui, plus on attend et plus le sentiment du bonheur à la clé est grand !)

  • Développer la résilience et devenir capable d’accepter les aléas de la vie (mauvaise note, déménagement ou dispute avec un copain).

En résumé, la frustration à petites doses au quotidien renforce la capacité de l’enfant à vivre les déceptions aujourd’hui, mais aussi plus tard dans la vie (un échec au BAC, une rupture amoureuse ou un licenciement). Comment accompagner la frustration de son enfant ? Mais si connaître la frustration est important pour un enfant, la vivre est loin d’être une partie de plaisir (pour vous, comme pour lui). Alors, que faire pour que tout se passe au mieux ? Voici quelques conseils : Sécurité avant tout : l’intensité de l’émotion peut provoquer chez certains enfants des réactions violentes. Si c’est le cas du vôtre, assurez en premier lieu sa sécurité et celle des autres : retenez les gestes agressifs, retirez les objets avec lesquels l’enfant pourrait se blesser ou blesser les autres, emmener l’enfant dans un endroit calme. Accueillez l’émotion : rien ne vaut une présence affectueuse et une écoute attentive quand le moral est au plus bas. Si vous le pouvez, restez à côté de votre enfant en lui parlant doucement. Certains enfants préféreront cependant rester seuls. Vivre une frustration c’est faire le deuil de ce qu’on ne peut pas avoir, de quelque chose de perdu ou d’inaccessible. Ce processus s’accompagne de colère puis de larmes ou de tristesse qui soulagent et mènent à l’acceptation et à la résilience. Restez à l’écoute. Aidez votre enfant à comprendre ce qui se passe en lui : « C’est dur d’arrêter son jeu préféré, je comprends chéri ! Cela aurait été tellement bien de jouer toute la nuit, hein ? » En mettant les mots sur ce qui se passe dans le cœur de votre enfant, vous l’aiderez à se calmer plus facilement. Il se sentira écouté, compris, en connexion avec vous. Ne cherchez pas à le raisonner, ce n’est pas le moment ! Un enfant sous l’emprise d’une émotion forte n’est pas en mesure de réfléchir. D’autant plus que dans la plupart des cas, les enfants sont intelligents. Ils comprennent bien les choses et savent le pourquoi du comment. Face à la frustration, l’enfant n’a pas besoin qu’on lui explique, qu’on le raisonne ou qu’on lui rappelle les règles. Ce qu’il lui faut, c’est de se sentir un peu moins seul avec son émotion… et du temps pour vivre sa déception à son rythme. Et la diversion dans tout ça ? C’est une des techniques de la discipline positive les plus courantes. Il s’agit de divertir l’enfant pour détourner son attention vers une autre source d’intérêt ou de plaisir. Si cette astuce est efficace avec certains enfants, elle a tendance à irriter les autres qui ont l’impression que leurs sentiments ne sont pas pris au sérieux. C’est un peu comme si, après une journée frustrante, alors que vous vous confiez sur vos malheurs, votre conjoint vous coupait la parole pour dire : "Oublie tout ça, et si on commandait des sushis ?" Pour aller mieux, vous auriez besoin qu’on vous écoute, qu’on soit là pour vous, qu’on accueille vos chagrins et vos larmes... mais sûrement pas qu’on essaie de vous divertir. Pensez-y la prochaine fois que votre enfant pleurera pour un bonbon, ses petites frustrations ont pour lui une grande importance. Et du côté du parent ? Vous avez tendance à vous emporter facilement face aux crises de colère de votre enfant ? Deux solutions pour commencer : N’ayez pas peur de l’émotion : Bien que désagréables, les crises de frustration sont naturelles, et tous les enfants passent par là (avec plus ou moins d’intensité). Le stress et l’inquiétude nous empêchent de rester neutres et d’offrir à notre enfant la présence qu’il recherche : calme, bienveillante, rassurante. Votre ado vous claque la porte au nez en terminant par « Je te déteste ! » ? Respirez profondément en répétant dans votre tête ces quelques mots « Tout va bien, il n’y a rien de grave, cela va s’arranger. Je suis un bon parent, et mon enfant est quelqu’un de bien »…. Croyez-moi, là encore, ce n’est vraiment pas le moment pour régler les choses. Ne prenez rien personnellement : Un enfant qui crie qu’il vous déteste, ne le pense jamais (ou presque). C’est simplement un moyen pour lui de montrer à quel point sa colère, sa déception et sa douleur sont grandes. Accueillez son émotion avec bienveillance et curiosité : « Ah bon ? Je ne crois pas que je sois la pire maman du monde. Qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Quand la crise est terminée : Là seulement, vous pourrez vous poser tranquillement avec votre enfant pour :

  • discuter avec lui de ce qui s’est passé,

  • chercher à comprendre les véritables raisons de sa crise,

  • envisager ensemble des solutions (Que peut-on faire pour ne plus nous disputer à cause des jeux vidéo ?),

  • revoir vos règles (Et si on mettait en place un petit planning qui te servira de rappel ?),

  • proposer à votre enfant des façons alternatives pour réagir à la frustration ("Je préférerais à l’avenir que tu me dises ce que tu ressens au lieu de claquer les portes, que tu ailles crier dans « ta boîte à cris » ou taper dans un coussin".

Et bien sûr, n’en voulez pas à votre enfant et pardonnez-le. Montrez-lui que votre amour pour lui reste intact et ne dépend pas de ses comportements. Par Elena Goutard, Coach parental


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Elena Goutard est coach parental et familial. Au travers de ses accompagnements, elle cherche à faciliter le quotidien des parents, à rétablir l'harmonie dans les relations entre parents et enfants et à ramener dans les familles le calme et la joie.


Elle publie régulièrement des articles sur le développement de l’enfant et de l’adolescent et contribue à la rubrique Parentalité des magazines Parole de Mamans et Aufeminin.


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